En brousse à Bonn – In Bonn, mitten im Wald

Jacques Vagheni, Direktor des Radios Tayna in Goma, hat bei der Deutschen Welle in Bonn vier Wochen lang ein Praktikum absolviert. Hier schreibt er seine Eindrücke auf.

Jacques Vagheni, le directeur de la radio Tayna à Goma, a fait un stage de quatre semaines à la Deutsche Welle à Bonn. Voici ces impressions.

Jacques Vagheni findet das Gebäude der Deutschen Welle in Bonn beeindruckend. Foto: priv

Jacques Vagheni: „Wow, so ein tolles Gebäude!“ Foto: priv

 

Par Jacques Vagheni

C’est mon premier voyage en Europe. Je découvre un pays, un continent dont je me faisais des bribes d’idées, réelles ou fausses grâce à des cours de géographie ou d’histoire dispensés à différents niveaux de l’enseignement en République Démocratique du Congo.

A Bonn, le soleil brille et se couche tard à 22h. Je suis en contact avec cette réalité, bien nouvelle pour moi comme pour tous les Africains provenant de la région intertropicale. Ce temps de jour excédentaire m’a donné l’impression qu’il m’était voulu plus de travail à faire, en effet, à mon arrivée je n’ai pas réussi de me coucher avant le coucher du soleil. J’en ai profité pour visiter cette ville nouvelle aux allures classiques, modernes et écologiques. Une promenade à pied jusque tard la nuit me ramène à l’hôtel Krug, épuisé de fatigue pour un homme qui était déjà assommé par un vol de 8 heures de temps d’un continent à un autre la veille.

Peu importe. Pour moi, l’essentiel est que je viens de découvrir Bonn, la capitale de l’ancienne République Fédérale Allemande qui est aujourd’hui, avec la chute du mur de Berlin, restée la ville fédérale du pays. Je suis là. Grace à mon interprète Miguel, déjà le premier jour je peux relier en pieds comme à bord de bus ou de métro, la Deutsche Welle (DW), lieu de stage, avec mon hôtel. Ce trajet restera mon copain de chaque jour pendant toute la période de mon séjour dans cette ville.

Bonn, la nature pure

C’est ma première impression quand j’y arrive. La ville me rappelle les forêts de mon pays. Les arbres, il y en a partout. Des espaces entièrement verts sont parsemés ça et là, donnent à la ville sa couleur verte que fait joyeusement vivre un regard pointé au sol lors de l’atterrissage à l’aéroport de Köln-Bonn. C’est vraiment le contraire de ce qui se raconte dans certaines classes en Afrique avec des enseignants qui tentent de présenter l’Europe comme un continent où tout le naturel a été détruit. Même si cela peut être vrai dans d’autres régions de l’Europe ou encore dans la considération que beaucoup d’activités industrielles ont pollué l’environnement, au moins à Bonn j’ai vécu la notion de développement durable d’une manière concrète : une urbanisation qui marche bien avec la conservation de l’environnement.

Bonn, une ville propre

La ville de Bonn se distingue aussi de nos villes congolaises par sa salubrité sans égale. Marcher à pied n’est pas synonyme de se salir les souliers comme c’est le cas à Goma, ville de la Province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo. Je me suis demandé quel était le secret de cette propreté, je n’ai pas fait pour ça une recherche approfondie, j’ai simplement réalisé une observation. J’ai vu des gens qui déposent, volontiers, bien que pressés dans leurs mouvements, des déchets dans les poubelles publiques installées le long des routes, dans les bureaux, dans les gares centrales, dans les aéroports. J’ai aussi vu des services équipés qui mobilisent du personnel pour une évacuation définitive de ces déchets et du coup, les places publiques gardent leur beauté.

Un réseau de transport hautement organisé

Les routes sont asphaltées, elles sont bien équipées en panneaux de signalisation. Durant mon séjour, je n’ai pas vécu les embouteillages sur les routes. En fait, c’était curieux pour moi car dans nos villes congolaises, Kinshasa et Goma par exemple, c’est devenu un phénomène complexe. Rouler à bord de son véhicule ne donne pas la garantie qu’on arrive au boulot à temps. Mais à Bonn, ce n’est pas le cas. Quel est le secret ? A mon avis, trois choses expliquent la fluidité de la circulation. Les routes spacieuses où les véhicules, les vélos et les piétons circulent aisément, la présence des routes souterraines qui endiguent une bonne partie de la demande en circulation et puis les vélos. Bonn est en fait, un empire du vélo. Très souple et moins encombrant, il permet à des milliers de personnes de s’éclipser à coté des trottoirs sans gêner le mouvement de grands engins. Rouler à vélo ne signifie pas ici qu’on est pauvre mais un mode de vie que l’on se choisit.

Une société de la confiance et de la conscience

Je découvre un autre fait. Celui-ci aura marqué profondément mes sens. Ici au monde, on peut entièrement faire confiance en quelqu’un et à son tour, il la mérite. Je m’explique. Arrivé en Allemagne, le service qui m’a reçu me mets au courant de mes droits conformément aux factures qui étaient déjà prises en charge par la DW. Parmi ces charges, le transport dans la ville. Pour ça, je reçois une carte de confirmation de prise en charge avec la consigne que je devais l’exhiber avant d’obtenir les services de transport pour le bus et le train. Curieusement, durant tout le mois, j’ai bénéficié du transport alors que personne ne m’a demandé d’exhiber la carte. Me renseignant quant à ce, l’explication obtenue est que les services m’ont fait confiance. Parce qu’effectivement, les personnes qui n’avaient pas cette carte confirmant le payement à l’avance effectuaient leur payement à l’entrée du bus.

Tout n’est pas rose à Bonn

Durant un mois de séjour, un seul mal : la solitude. En fait j’ai trouvé une société où tout le monde est pressé, personne ne s’intéresse à personne. Une société mécanique où tout se fait à un rythme commandé par des motivations technocratiques. Pourtant la vie n’est pas seulement faite de ça. Les voisins, les amis, les collègues, les gens qui s’intéressent à nous ont aussi une place considérable. Chez moi à Goma, pour inviter un ami à partager un verre ne demande pas une semaine de prévision. L’explication que j’ai eu de ça c’est que les habitants de cette ville comme c’est le cas d’ailleurs pour la plupart des Européens, la socialisation est commandée par un individualisme assez poussé. Voir les amis, les frères, oui. Mais il faut réserver une place assez importante à la vie privée.

Enfin, un encadrement de qualité

Je trouve à la DW des professionnels aguerris dans les médias, pleins d’hospitalité. Si dans la rue, à l’hôtel personne ne me parlait, tout changeait quand j’arrivais au bureau de la DW. Une véritable chaleur humaine est vécue à l’intérieur du vaste édifice imposant sa beauté le long du Rhin. Je réalise que personne ne m’en veut y compris ceux qui n’ont pas pu s’intéresser directement à moi.

Coté profession, du journalisme pratiqué à la DW, c’est du vrai. Les moyens pour la collecte des informations, la discussion des angles, la détermination des formats ont frappé mon observation. Une bonne source d’inspiration pour moi et pour Radio Tayna. J’ai appris qu’on peut programmer ses émissions deux semaines avant, qu’on peut interviewer qui l’on veut dans le monde entier, qu’on peut traiter l’information d’une façon réellement impartiale et savoir protéger les sources. Je réalise à la DW que la radio c’est aussi l’interaction avec les auditeurs à travers les outils qu’offre la technologie.

Mon premier voyage en Allemagne c’est aussi mon premier voyage en Europe et ça me transforme!

 

In Bonn, mitten im Wald

Es ist meine erste Reise nach Deutschland, ja nach Europa. Ich entdecke ein Land und einen Kontinent, wovon ich nur ungenaue Vorstellungen hatte. Richtige, oder falsche aufgrund des Geographie- und Geschichtsunterrichts hier bei uns in der Demokratischen Republik Kongo.

In Bonn brennt die Sonne, und sie geht erst um 22 Uhr unter. Denn es ist Hochsommer in Deutschland. Das ist gut für mich, wo ich doch aus Afrika, aus einer tropischen Region komme. Diese lange Tage motivieren mich, viel zu arbeiten. Als ich ankomme, kann ich vor Sonnenuntergang sowieso nicht schlafen. Also erkunde ich die Stadt, diese ökologische, moderne Stadt mit klassischen Wurzeln. Bis spät in die Nacht gehe ich spazieren, bevor ich ins Hotel Krug zurück kehre. Ich bin ziemlich müde nach dem acht Stunden langen Flug von einem Kontinent zum anderen.

Aber das ist nicht wichtig. Ich bin dabei, Bonn zu entdecken, die frühere Hauptstadt der ehemaligen Bundesrepublik Deutschland vor dem Fall der Berliner Mauer. Und nun bin ich da, auch dank Miguel von der Deutschen Welle. Er zeigt mir den Weg vom Hotel zum Radio, und wie man Bus und Straßenbahn benutzt. Dieser Weg wird eine Art Kumpel während der Zeit des Praktikums.

Bonn ist beinahe wie ein Wald. Das ist jedenfalls mein erster Eindruck von der Stadt. Sie erinnert mich an den Tropenwald in meiner Heimat. Die grünen Flächen fallen mir noch im Flugzeug auf, als ich in Köln-Bonn lande. Was ich sehe, ist das Gegenteil davon, was manche Lehrer uns in Afrika von Europa erzählen. Sie behaupten, dort sei die Natur völlig zerstört. Vielleicht stimmt das für andere Regionen in Deutschland. Sicherlich hat die Industrialisierung einen Teil der Umwelt verschmutzt. Aber Bonn scheint auf Nachhaltigkeit zu setzen: Stadtentwicklung und Umweltschutz gehen Hand in Hand.

Bonn unterscheidet sich von unseren kongolesischen Städten durch seine unglaubliche Sauberkeit. Wenn man in Bonn zu Fuß geht, wird man nicht schmutzig wie in Goma, Hauptstadt der Provinz Nord Kivu. Ich habe mich gefragt, wie Bonn es schafft, so sauber zu sein. Ich habe keine vertiefte Recherche gemacht, nur beobachtet. Die Leute schmeißen ihre Abfälle freiwillig in die Mülleimer, obwohl sie es immer eilig haben. Abfalleimer stehen überall, auf den Gehwegen, im Büro, in den Bahnhöfen und Flughäfen. Die Müllmänner leeren sie regelmäßig. Und so bleiben die öffentlichen Plätze schön.

Die Straßen sind asphaltiert, und es gibt Wegweiser. Während meiner Zeit in Bonn, habe ich nie einen Stau gesehen. Darüber wundere ich mich. Denn in unseren Städten wie etwa Goma oder Kinshasa steht man ständig im Stau. Wer bei uns im Auto fährt, kann nie sicher sein, dass er pünktlich zur Arbeit kommt. In Bonn ist das anders.

Was ist das Geheimnis? Ich glaube, das liegt an mehreren Dingen: Es gibt genug Platz für Straßen und Gehwege, wo Autos, Fahrräder und Fußgänger in aller Ruhe aneinander vorbei kommen. Unterführungen und U-Bahnen nehmen den Druck von den Straßen. Und viele Leute fahren Rad. Bonn ist eine Hochburg des Fahrrads. Tausende Menschen bewegen sich so auf eigens dafür vorgesehenen Wegen fort, ohne den Autoverkehr zu behindern. Radfahren in Bonn ist kein Zeichen von Armut, eher Ausdruck einer selbst gewählten Lebensweise.

Ich entdecke noch etwas anderes. Das beeindruckt mich. In Deutschland trauen sich die Menschen gegenseitig, und das Vertrauen ist sogar verdient. Zum Beispiel hat mir die Deutsche Welle eine Monatskarte für den öffentlichen Verkehr gegeben. Die Kollegen erklären mir, dass ich sie immer dabei haben muss, wenn ich Bus oder Tram benutze. Aber in den öffentlichen Verkehrsmitteln kontrolliert keiner, ob ich die Karte habe. Das erstaunt mich. Die bringen mir alle volles Vertrauen entgegen. Ich bemerke auch, dass Passagiere, die keine Monatskarte haben, tatsächlich vor jeder Fahrt ein Ticket kaufen.

Aber in Bonn ist auch nicht alles perfekt. Währen der vier Wochen meines Aufenthalts, fühle ich mich einsam. Jeder ist sehr beschäftigt. Niemand interessiert sich für den anderen. Die Gesellschaft funktioniert wie eine Maschine, nach einem technokratischen Rhythmus. Dabei ist das Leben doch mehr als Funktionieren. Nachbarn, Freunde, Kollegen, Menschen, die sich interessieren, gehören doch auch zur Existenz. Bei mir in Goma muss man sich nicht eine Woche vorher anmelden, wenn man mit dem Nachbarn was trinken will. In Europa sind die Leute offenbar viel individualistischer als bei uns im Kongo: Freunde oder Familie treffen in Deutschland, das geht schon. Aber man muss das planen.

Die Kollegen der Deutschen Welle betreuen mich aber professionell und gastfreundlich. Im Hotel oder auf der Straße spricht zwar niemand mit mir. Aber sobald ich in der Redaktion ankomme, ändert sich das. Ich spüre menschliche Wärme in diesem riesigen, schönen Gebäude am Rheinufer. So verstehe ich auch, dass in Bonn niemand etwas gegen mich hat, auch wenn sich die Menschen nicht direkt für mich interessieren.

Bei der Deutschen Welle entdecke ich, was echter, professioneller Journalismus ist. Die Mittel der Informationsbeschaffung, Diskussionen, wie ein Text aufgezogen wird, in welchem Format ein Thema gesendet werden soll, das beeindruckt mich. Ich nehme viele Ideen mit zu Radio Tayna. Ich sehe, dass man Sendungen sogar zwei Wochen im voraus planen, dass man jeden überall auf der Welt interviewen und die Themen wirklich ohne Einflussnahme aufbereiten und seine Quellen schützen kann. Ich bemerke auch, dass das Radio wirklich interaktiv ist und die Zuhörer dank moderner Technik einbezieht.

Meine erste Reise nach Deutschland, ist meine erste Reise nach Europa. Sie verändert mein Leben.

Jacques Vagheni, Übersetzung: Judith Raupp

Einen Kommentar schreiben

Deine E-Mail-Adresse wird nicht veröffentlicht. Erforderliche Felder sind mit * markiert.

Powered by WordPress | Designed by Elegant Themes