L’infertilité du sol, une nouvelle forme d’insécurité dans la région de Masereka

La région de Masereka à l’est du Congo a été considérée depuis longtemps comme le grenier de la République Démocratique du Congo (RDC) par sa production agricole. Mais maintenant c’est fini et les gens souffrent. Die Region bei Masereka im Ostkongo war lange Zeit der Brotkorb des riesigen Landes. Doch das ist jetzt vorbei, wie eine Recherche eines Partnersenders von Radio Tayna zeigt.

In der Region Masereka fallen die Ernteerträge gering aus. Foto: JPK

In der Region Masereka fallen die Ernteerträge gering aus. Foto: JPK

 

Par Kakule Kilumbiro Jean Pierre, Radio Moto Butembo-Beni

Située à l’est du pays, les paysans y cultivent des céréales comme les blés, les sojas, les maïs, les millets et les haricots. En dehors des céréales, le sol est propice à la culture des légumes dont les choux et les carottes.

La grande renommée de cette région de Masereka vient aussi de la production abondante des tubercules comme les pommes de terre et les tarons. Ces produits sont vendus dans les villes de Butembo, Goma, Beni, Bunia, Kisangani, voire Kinshasa.

Depuis peu, le constat est amer. Le grenier agricole de la RDC se vide petit à petit. Les paysans affirment que le sol devient de plus à plus infertile. Ils précisent qu’il y a dix ans, chaque lundi et jeudi de chaque semaine, deux jours prévu pour le marché, les agriculteurs pouvaient évacuer vers l’extérieur plus 1000 tonnes de différents produits agricoles. A cette quantité, il faut ajouter les achats qui se font chaque jour en dehors du marché. « Pourtant il est presque impossible de réaliser 450 tonnes », se désole Muhindo Kirokyaghula Jean Baptiste, habitant de la localité de Kilalo-Luveve.

Le sol fertile est disparu

En clair, certains habitants de cette région maraîchère ne comprennent pas ce qui est arrivé à leurs champs. Alors que d’autres semblent se ressaisir. « Le sol fertile est emporté par les eaux de pluie vers les vallées et par conséquent ce sol est entraîné dans les eaux jusqu’en Égypte via la rivière Semuliki », regrette Katembo Kyungulo Flavien, président du Centre Agricole de Nyabili.

Mais, que disent les agronomes et d’autres personnes bien averties face à cette infertilité du sol dans cette région maraîchère de Masereka? Certains parlent de l’épuisement du sol suite à une activité agricole intense. Un autre élément est la forte démographie qui crée un déséquilibre dans la répartition des terres.

L’économie des ménages a sensiblement baissé. Désormais les oignons non mûrs sont perceptibles dans le marché et ils sont vendus en un prix dérisoire. Certaines vendeuses des légumes disent que la vie devient de plus à plus invivable. Elles notent qu’elles sont obligées de récolter les produits non mûrs pour la survie de leurs familles : « On n’a pas le choix, parce que même si vous attendez longtemps, ce n’est pas que vous produirez plus ».

Les enfants sont malnutris

Docteur Kakule Mbusa Samuel, médecin chef de zone de Masereka reconnais l’influence de l’infertilité des champs sur la santé des ménages. Il indique que 60% d’enfants dans cette région souffrent de la malnutrition aiguë. Pourtant, il était impossible de trouver un enfant mal nutri dans cette région pleine des légumes et des céréales. Pour lui, c’est un signal fort qui montre que les paysans méritent un regard très particulier de la part du gouvernement et des organisations non gouvernementales intervenant dans l’agriculture en bénéficiant de la formation sur la protection du sol par exemple.

Parfois les membres d’une même famille s’opposent en se disputant les petites portions de terre. Ces conflits interminables poussent certaines personnes de quitter Masereka pour la province de l’Ituri et d’autres partent à l’ouest du territoire de Lubero à la recherche des terres arables. Le projet de glissement de la population initié en 2005 par l’église catholique du diocèse de Butembo-Beni via son Bureau Diocésain pour le Développement, BDD en sigle, n’a pas aidé les volontaires à cette migration. Ceux qui sont allés à Vuyinga au Sud du territoire de Lubero sont vite retournés à Masereka suite à l’insécurité due à la présence des groupes armés dont les FDLR et les combattants maï-maï. Tandis que ceux qui ont pris la direction de la province de l’Ituri ont été attaqués par la malaria.

Le retour de tous ces paysans dans leur milieu d’origine a attisé davantage les conflits fonciers, le nombre des paysans étant plus élevé que l’espace de terres cultivables. Toutefois, Muhindo Kirokyaghula Jean Baptiste, paysans de Luveve reconnaît que les paysans qui ont trouvé des champs dans les vallées de Isale en chefferie de Bashu aux abords du parc national de Virunga, ont récolté abondamment du riz. « Ils produisent plus de 30 poches de riz dans un petit champ. Mais ici, à Masereka, même avec un grand champ, on produit peu », regrette ce paysan de Luveve.

Trouvant qu’au bord du parc national de Virunga, il y a encore une terre fertile, les paysans cherchent à s’y replier pour renforcer l’économie de leur ménage. Pourtant, cette forêt situé à l’est du pays a été déclaré un patrimoine mondiale intouchable. Denis Mbusa Kangitsi ne comprend pas comment les habitants peuvent manquer un espace cultivable alors qu’ils ne bénéficient en rien de ce parc : « D’ailleurs c’était notre terre on nous l’a ravie ».

Au regard de tous les paysans de la région qui partage cette idée, l’on constate que le parc est en danger de destruction. Pourtant ce parc mérite la protection de tous. C’est pourquoi les agronomes et les personnes averties proposent des solutions devant fertiliser les champs des paysans pour ainsi éviter l’envahissement des aires protégées par les paysans avides des terres arables.

Ils encouragent la construction des haies anti-érosives dans les champs se trouvant sur les pentes de collines. Kambale Kahehero, agronome chef de station du Centre d’Adaptation et de Production, CAPSA, ajoute que l’application des engraines dans les champs peut accroître la production agricole dans la région. A ce point les paysans membres du Centre Agricole de Nyabili témoignent que les portions de champ dans lesquelles ils ont appliqué les engraines chimiques ou biologiques ont produit doublement qu’auparavant.

Toutefois, Kakule Kamala Shauri, paysan de Magheria plaide aussi pour la disponibilité de nouvelles semences capables de supporter le climat de la région de hautes terres. Somme toute, l’agriculture sur les hautes terres de Masereka est en danger si les mesures adéquates ne sont pas prises et mises en application. Les champs se dénudent davantage suite aux érosions. Par conséquent la production diminue et la vie des paysans devient de plus à plus critique. Trouver la solution à cette infertilité, c’est une affaire de tout le monde. Courage !

 

In Masereka schwindet die Lebensgrundlage der Bauern

Die Region Masereka war lange Zeit die Kornkammer der Demokratischen Repbublik Kongo. In der Gegend im Osten des Landes haben die Bauern Weizen, Soja, Mais, Hirse und Bohnen angebaut. Außerdem war der Boden auch für Gemüse wie etwa Kohl und Karotten und vieles andere geeignet. Die Produkte wurden in den großen Städten wie Butembo, Goma, Beni, Bunia, Kisangani, ja sogar in der Hauptstadt Kinshasa verkauft.

Aber seit kurzem muss man bitter feststellen, dass sich die Kornkammer leert. Die Bauern sagen, dass der Boden unfruchtbar wird. Vor zehn Jahren haben die Landwirte auf den Märkten montags und donnerstags 1000 Tonnen verschiedener Produkte verkauft, und auch noch Einiges ausserhalb der Märkte. Jetzt sind es nicht einmal mehr 450 Tonnen, klagt Muhindo Kirokyaghula Jean Baptiste, Bauer in Kilalo-Luveve.

Viele Menschen in der Region verstehen nicht, was passiert ist. Andere erklären sich das so: Der Regen hat den fruchtbaren Boden weg geschwemmt, über den Fluss Semuliki bis nach Ägypten. Das sagt jedenfalls Katembo Kyungulo Flavien, Präsident des Landwirtschaftszentrums in Nyabili.

Ausgelaugte Böden

Und die Agronomen? Manche berichten, der Boden sei ausgelaugt, weil aufgrund des Bevölkerungswachstums zu viele Menschen von den Feldern leben müssen.

Die Haushaltseinkommen sind empfindlich gesunken. Sogar unreife Zwiebeln werden daher verkauft, zu billigen Preisen. Die Marktfrauen klagen, dass sie kaum noch leben können. « Wir bieten unreife Ware an. Denn selbst wenn wir warten, können wir nicht genug ernten“, sagt eine.

Der Arzt Kakule Mbusa Samuel warnt, dass die Probleme in der Landwirtschaft die Gesundheit beeinträchtigt. 60% der Kinder seien mangelernährt. Er fordert, dass der Staat und Hilfsorganisationen eingreifen. Sie sollen über Naturschutz und schonende Landwirtschaft aufkläen.

Manchmal streiten sich Familienmitglieder um den knappen Boden. Einige wandern deswegen in andere Provinzen aus. Die katholische Kirche wollte 2005 Teile der Bevölkerung umsiedeln deswegen. Aber viele Leute sind wieder zurueck gekommen. Denn sie wurden von Milizen attackiert oder erkrankten an Malaria.

Die Rückkehr der Menschen hat zu Landkonflikten geführt, weil die bewirtschaftbaren Felder ohnehin schon knapp waren.

Allerdings, so erzählt der Bauer Muhindo Kirokyaghula Jean Baptiste im Ort Luveve, hätten Kollegen im Tal Isale reichlich Reis geerntet. Von 30 Säcken spricht er, davon könnten die Landwirte in Masereka nur träumen. Aber die Felder seien beim Virunga Nationalpark. Der Park gilt als UNESCO-Weltkulturerbe. Ackerbau ist dort verboten.

Naturschutz oder Ackerbau?

Denis Mbusa Kangitsi versteht das nicht. Weshalb sollen die Menschen dort nicht Nahrung anbauen dürfen, wo doch fruchtbarer Boden knapp sei: „Das war doch unser Grund und Boden. Man hat ihn uns weg genommen.“

Viele Bauern in der Gegend denken so. Deshalb ist der Nationalpark in Gefahr. Umweltschützer versuchen daher, die Anwohner zu überzeugen, dass sie ihre Felder düngen, um sie fruchtbar zu machen. Zudem sollen sie Büsche als Umzäunung pflanzen, um die Erosion aufzuhalten.

Kambale Kahehero, Chefagronom beim Centre d’Adaptation et de Production, CAPSA, erklärt, dass die Ernte deutlich steige, wenn die Felder chemisch oder biologisch gedüngt würden. Die Bauern, die auf ihn hören, bestätigen das. Ihr Ernteertrag habe sich verdoppelt. Kakule Kamala Shauri, Bauer im Dorf Magheria plädiert außerdem für Saatgut, das den klimatischen Bedingungen gewachsen sei.

Klar ist jedenfalls, dass die Landwirtschaft in Masereka in Gefahr ist, wenn nichts passiert. Die Felder fallen der Erosion zum Opfer. Die Ernte fällt mager aus, das Leben der Einwohner dieser Region ist in Gefahr. Das darf niemand auf die leichte Schulter nehmen. Kreative Lösungen sind gefragt.

Kakule Kilumbiro Jean Pierre, Radio Moto Butembo-Beni, Übersetzung: judi

 

 

 

 

 

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